Contribution/ RESPONSABLES,COUPABLES?

01/12/2021 10:15 | Lu 1008 fois | Contribution

Limogés, limogés, suspendus… Ces qualificatifs s’égrènent au fil des entreprises publiques auditées et épinglées. Ce qui est dénoncé par ces audits préliminaires, ce sont la mauvaise gouvernance, la mauvaise gestion des fonds publics, le train de vie luxueux de certains DG sur qui pèsent de fortes suspicions de détournements de fonds. Au-delà de l’indignation légitime que soulèvent ces scandales successifs où l’on parle de milliards comme s’il s’agissait de centimes, la 1ère interrogation à se poser est de se demander comment ces responsables ont-ils été désignés ? S’agit-il de personnes non qualifiées. Alors, pourquoi ont-ils été nommés ? Désignation de complaisance pour satisfaire les ambitions du parti au pouvoir ? Défaillance de la Direction générale du Portefeuille de l’Etat, chargée de contrôler la gestion de ces entreprises et qui se commet en décernant des prix et des récompenses d’excellence immérités, sensés distinguer l’intégrité ! Sur 81 établissements nationaux, seul à peine 1/3 a été audité. Il semble que sous la pression des bailleurs de fonds, le régime veuille poursuivre cette « opération mains propres ». Nous nous en réjouissons mais attention. Alors que la pauvreté augmente dans notre pays, que les prix flambent sur les marchés, cette pluie de milliards que les réseaux sociaux se complaisent à détailler est ressentie comme indécente, scandaleuse et porteuse de nombreuses frustrations sinon de colère. La seule manière de démontrer aux Ivoiriens que cette opération ne répond pas à un simple effet d’annonce à usage extérieur, est de faire en sorte que toutes ces personnes incriminées répondent de leurs actes devant la justice qui tranchera et saura nous dire qui est responsable et qui est coupable. Il est temps de faire cesser les supputations pour que la vérité soit dite. En 2018, un rapport confidentiel de l’Union Européenne parlait « de largesses financières dont bénéficient les cercles du pouvoir et une classe dirigeante dont l’enrichissement est parfois spectaculaire ». Il est temps de séparer l’ivraie du bon grain.

Danièle Boni-Claverie
Présidente de l’URD