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Samedi, 24 octobre

Recherche scientifique en Côte d’Ivoire : L'Institut Pasteur appelle à l’innovation et à l’excellence

Publié le 24 octobre 2026 à 14:50
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Une vue des participants
Une vue des participants

Le Colloque scientifique de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI) s’est ouvert ce vendredi 23 octobre 2026 à Adiopodoumé, à Abidjan, autour du thème « Recherche, innovation et biotechnologie en santé ». Cette rencontre internationale réunit plusieurs figures majeures du monde scientifique autour des enjeux de la qualité de la recherche, de l’innovation technologique et du renforcement des systèmes de santé en Afrique.
La conférence inaugurale, intitulée « De la paillasse au lit du patient : recherche, innovation et biotechnologie au service de la santé », a été animée par le professeur Gordon Awandare, vice-recteur chargé des Affaires académiques et estudiantines de l’Université du Ghana et directeur-fondateur du WACCBIP. La séance s’est déroulée sous la modération du professeur Serge Eholié, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales (SMIT).
Dans son intervention, le professeur Awandare a insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures et la gouvernance des institutions scientifiques africaines afin d’améliorer la qualité de la production scientifique.
« Il ne faut pas miser sur la quantité, mais avant tout sur la qualité », a-t-il souligné, invitant la jeune génération de chercheurs à privilégier des travaux rigoureux et à publier dans des revues scientifiques internationales de premier plan, à fort impact.
Le conférencier a également abordé les défis liés à la formation aux niveaux master et doctorat, ainsi que la problématique de la fuite des cerveaux. À cet égard, il a partagé l’expérience de son institution, qui parvient à maintenir sur le continent africain 80 % de ses diplômés de master et 90 % de ses docteurs.
De son côté, le professeur André Offianan Touré, directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, a plaidé pour une mutualisation des ressources technologiques afin de mieux faire face aux menaces sanitaires.
« Pour renforcer efficacement notre système de surveillance sanitaire, il est essentiel de mettre en place une plateforme technologique commune dédiée à la surveillance génomique de routine. Elle nous permettra de mieux suivre l’évolution du paludisme, du VIH et d’autres pathologies prioritaires », a-t-il affirmé.
Au-delà des échanges scientifiques, ce colloque ambitionne de contribuer à la modernisation de la gouvernance de la recherche, à l’adaptation des travaux scientifiques aux enjeux émergents, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle, et au renforcement de la formation des jeunes chercheurs.
Présente aux échanges, le professeur Solange Kakou, cheffe du département Technique et Technologie (DTT), a salué la richesse des contributions avant d’appeler à un engagement accru de la communauté scientifique en faveur du développement national.
« Il faut une nouvelle gouvernance, améliorer la pratique scientifique et travailler pour la Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré, rappelant la responsabilité des chercheurs envers la société. « Ce que nous faisons en tant que chercheurs est destiné à la nation. Nous devons le faire avec rigueur pour impacter concrètement la vie des populations. »
À travers cette rencontre, l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire entend ainsi mettre en lumière le rôle stratégique de la recherche et de l’innovation dans l’amélioration de la santé publique.
Au terme des travaux, un constat majeur se dégage : l’avenir de la recherche scientifique en Côte d’Ivoire repose sur l’exigence de qualité, des infrastructures modernes, une meilleure mutualisation des ressources et la formation de compétences hautement qualifiées. Autant de leviers indispensables pour apporter des réponses durables aux défis sanitaires du pays et améliorer concrètement les conditions de vie des populations.

O.L