Situation sociopolitique: Laurent Gbagbo ne reconnaît toujours pas l'élection d'Alassane Ouattara
Publié le 29 novembre 2025 à 19:55
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Laurent Gbagbo
Face à ses militants samedi 29 novembre, à Abidjan, Laurent Gbagbo a frontalement remis en cause le « quatrième mandat » du chef de l’État, à quelques jours seulement de son investiture prévue le 8 décembre.
Le Président GBAGBO LAURENT :
« Il faut continuer à lutter contre le 4ᵉ mandat. Si la Constitution dit qu’on ne doit faire que deux mandats, pourquoi se retrouve-t-on dans un 4ᵉ ? On ne peut pas accepter ça ! On ne peut pas accepter ça ! Il faut respecter ce qui est écrit.
Ce sont les Américains qui ont introduit la limitation à deux mandats dans leur Constitution, et progressivement, cette règle s’est imposée en Europe. Vous, vous l’avez écrite dans la Constitution, elle a été adoptée à plus de 85 % par référendum, réaffirmée encore en 2016… et vous refusez de la respecter ?
Posez la question à ceux qui veulent discuter : pourquoi écrit-on dans la loi ce qu’on n’a pas l’intention d’appliquer ? Je ne suis pas d’accord avec cela.
Un avocat défend son client en s’appuyant sur les lois. Mais si les juges disent qu’ils se moquent des lois, alors il y a un problème. Soyons sérieux en Afrique. Respectons ce que nous écrivons. Quelqu’un qui est arrivé au pouvoir en 2011 veut encore être là en 2025 ? Il y a quelque chose qui ne va pas.
Quant à la manière dont Ouattara est arrivé au pouvoir, une question demeure : dans une dispute entre deux candidats, que venait faire la France de Sarkozy dans ce problème ? Pourquoi les avions de Sarkozy sont-ils venus bombarder la résidence du Président de la République ?
Quand on arrive au pouvoir avec des bombes, on croit ensuite qu’on peut tout faire avec des bombes. On arrête tout le monde parce qu’on a les bombes… mais les temps changent. Sarkozy n’est plus président, il est même aujourd’hui rattrapé par la justice.
Le combat contre le 4ᵉ mandat est une lutte fondamentale. Nous devons continuer à nous y opposer. Il faut respecter ce que nous avons écrit. »
Rappel
Son discours intervient alors qu’au moins 1 600 personnes ont été arrêtées dans le cadre des contestations post-électorales et des manifestations liées à la question du mandat présidentiel.
Il s'exprimait aussi à l'occasion du lancement d'une initiative pour la libération des prisonniers d’opinion qu’il entend porter cette revendication : obtenir la libération de ce que l’opposition qualifie de « prisonniers politiques ».