Un scandale financier retentissant continue de secouer l’opinion publique en Côte d’Ivoire. Le Directeur administratif et financier (DAF) de la société SNEDAI, N’Dri Kouassi Yves, a été condamné à sept (07) ans de prison ferme pour détournement de fonds, dans une affaire qui met en lumière les fragilités persistantes en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.
Selon la décision de justice, N’Dri Kouassi Yves a également été condamné au paiement d’une amende de 5,538 milliards de FCFA, assortie de l’interdiction d’exercer toute fonction publique pendant trois (03) ans, ainsi que de l’interdiction d’émettre des chèques ou d’utiliser des cartes de crédit pour une durée de cinq (05) ans.
Un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre, l’intéressé étant introuvable au moment du prononcé du verdict, ce qui alimente de nombreuses interrogations au sein de l’opinion. Cette situation soulève inévitablement des questions quant aux répercussions sur l’avenir de la société SNEDAI, dirigée par Adama Bictogo, ancien président de l’Assemblée nationale.
La société elle-même a été condamnée à verser 1,678 milliard de FCFA de dommages et intérêts, ce qui pose la question des responsabilités institutionnelles et de la gouvernance interne.
À ce stade, aucune poursuite n’a été officiellement annoncée à l’encontre des dirigeants de l’entreprise. Toutefois, l’affaire suscite un vif intérêt quant aux décisions que pourraient prendre les autorités judiciaires, dans un contexte où la lutte contre l’impunité est régulièrement invoquée comme une priorité nationale.
Les autres scandales financiers en Côte d’Ivoire
L’affaire SNEDAI s’inscrit dans une série de scandales financiers, avérés ou présumés ( aucune information officielle n’a confirmé ou infirmé encore ces cas. Ndlr ) , ayant marqué l’actualité ivoirienne ces dernières années. Parmi les plus emblématiques figurent : L’ARTCI (Télécommunications) : environ 17 milliards de FCFA liés à des primes irrégulières et à des marchés de gré à gré ; Le Fonds d’Entretien Routier (FER) : plusieurs milliards de FCFA de salaires jugés injustifiés et une gestion qualifiée d’opaque ; La Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (NPSP) : près de 15 milliards de FCFA de malversations et d’irrégularités dans la gestion des stocks de médicaments ; Le Conseil Café-Cacao : environ 17 milliards de FCFA de fonds liés à la COVID-19 détournés.
Toutefois, il n’empêche que ces affaires rappellent avec acuité que la moralisation de la vie publique demeure un enjeu central pour les autorités.
La transparence dans la gestion des deniers publics constitue un facteur essentiel de confiance entre l’État et les citoyens, et un levier indispensable pour un développement durable.
Mettre fin à toute forme de complaisance et promouvoir des sanctions effectives et exemplaires apparaît, plus que jamais, comme une exigence démocratique.
L’évolution de l’affaire SNEDAI permettra d’apprécier la portée réelle de cet engagement. L’histoire, en définitive, tranchera.
Hosanna JP de Chantal