L’Association des Femmes Medecins de Cote d'Ivoire (AFMCI), conduite par sa présidente, le Dr Aimé Aka Sandrine, a pris part, ce mercredi 4 mars, à une journée de sensibilisation sur la précarité menstruelle organisée par le Club de lutte contre la précarité menstruelle du Lycee municipal de Koumassi.
Placée sous le signe de l’engagement et de la responsabilité sociale, cette activité s’inscrit dans le cadre du mois dédié aux droits des femmes. Elle visait à briser les tabous autour des menstruations et à attirer l’attention sur les difficultés que rencontrent de nombreuses jeunes filles en milieu scolaire.
Dans son intervention, la présidente de l’AFMCI a rappelé que la santé menstruelle est une question de dignité, mais aussi de santé publique.
« Le cycle menstruel est un phénomène naturel. Il ne doit ni être une source de honte ni un motif d’exclusion. Lorsque les conditions d’hygiène ne sont pas réunies, les jeunes filles s’exposent à des infections pouvant, à long terme, entraîner des complications graves », a expliqué le Dr Aimé Aka Sandrine.
Elle a insisté sur l’importance de doter les établissements scolaires de latrines propres, d’eau potable et de produits d’entretien adéquats. Selon elle, l’absence d’infrastructures adaptées constitue un frein réel à la scolarisation des jeunes filles.
« Dans certaines écoles, l’absence de latrines fonctionnelles pousse des élèves à rester à la maison pendant leurs règles. Cela impacte leur rendement scolaire et leur confiance en elles », a-t-elle déploré.
La présidente de l’AFMCI a également rappelé que l’association œuvre non seulement pour la promotion de la femme médecin, mais aussi pour le bien-être des femmes et des enfants à travers tout le pays.
Présent à la cérémonie, l’honorable Kader Aboudramane Ouattara, député élu de Koumassi, a salué l’initiative des élèves et réaffirmé son soutien.
« Nous devons faire en sorte que la question des menstruations ne soit plus un tabou. Je m’engage à porter cette préoccupation au niveau municipal et national, notamment sur la question de l’accessibilité aux protections hygiéniques », a-t-il déclaré.
Il a évoqué la possibilité de mesures telles que la détaxation ou la subvention des produits hygiéniques afin de soulager les familles.
Initiatrice de l’activité, Bancé Habiba, présidente du Club de lutte contre la précarité menstruelle du lycée, a exprimé sa détermination :
« La précarité menstruelle est un frein silencieux à l’éducation des filles. Je veux qu’aucune lycéenne en Côte d’Ivoire ne soit laissée seule face à cette situation. Ensemble, disons stop à la précarité menstruelle. »
Selon elle, briser les tabous aujourd’hui, c’est former les femmes leaders de demain.
De son côté, la journaliste et auteure Rabia Diallo, également présente, a souligné l’importance de l’éducation et de l’accompagnement psychologique des adolescentes.
« Comprendre son corps, c’est gagner en confiance. Il faut donner aux jeunes filles les outils pour vivre leur adolescence sans honte et avec assurance », a-t-elle affirmé.
Au terme de la rencontre, un message fort s’est dégagé : la lutte contre la précarité menstruelle nécessite une mobilisation collective impliquant autorités, professionnels de santé, éducateurs, parents et élèves.
À travers cette initiative, l’AFMCI confirme son engagement constant pour la santé, la dignité et l’épanouissement des jeunes filles en Cote d'Ivoire.
OL