La Cour pénale internationale (CPI) traverse une zone de fortes turbulences. Au centre de la tempête : son procureur, Karim Khan, dont l’avenir reste suspendu à une décision imminente des États membres. Accusé d’inconduite sexuelle par une employée, il vient toutefois d’être partiellement blanchi par trois juges indépendants dans un rapport confidentiel transmis le 9 mars.
Selon ces magistrats, « aucune preuve suffisante » ne permet d’établir la culpabilité du procureur « au-delà du doute raisonnable ». Leur analyse s’appuie sur une enquête menée par les Nations unies, dont ils pointent néanmoins les failles. Les juges dénoncent un travail incomplet, laissant subsister deux récits « diamétralement opposés » entre l’accusé et la plaignante, sans conclusion ferme.
Cette affaire, qui empoisonne la CPI depuis près de deux ans, avait contraint Karim Khan à se mettre en retrait en mai 2025. Aujourd’hui, les 21 États membres du bureau de l’Assemblée doivent trancher d’ici au 8 avril. Si une majorité semble prête à entériner les conclusions des juges et à envisager son retour, une frange importante s’y oppose et plaide pour son remplacement pur et simple.
Au-delà du cas Khan, cette crise fragilise davantage l’institution judiciaire internationale. Déjà sous pression, la CPI fait face à la menace de nouvelles sanctions américaines. Washington exige notamment l’annulation des mandats d’arrêt émis en novembre 2024 contre des dirigeants israéliens. Dans ce contexte tendu, l’affaire Khan apparaît comme un test crucial pour la crédibilité et l’indépendance de la Cour.
O. L/ RFI