En Côte d’Ivoire, ces dernières semaines, de longues coupures de courant paralysent certaines localités de l’intérieur du pays, ainsi que certaines communes d’Abidjan. Ces délestages exaspèrent les commerçants et les ménages. La société nationale évoque une demande en hausse et des installations vétustes. Reportage dans le quartier d’Angré.
« Cela nous fatigue. Ils ont coupé le courant pendant deux jours comme ça. » Mohamed est boutiquier dans la capitale économique de Côte d'Ivoire. Quand il ouvre ses frigos, ce commerçant dresse un constat amer : plusieurs marchandises sont gâtées. Impossible de les vendre. « Cela, c'est du lait, c'est gâté aussi, montre-t-il. On a perdu beaucoup de choses. À chaque fois qu’il y a des coupures intempestives, cela peut durer au moins trois ou quatre temps. »
À quelques encablures, Ali tient un pressing. Ce vieil homme profite du retour du courant pour repasser un tas de chemises. Il est en retard pour livrer ses commandes. « Quand il y avait le courant, il y avait au moins un bon rendement. Maintenant, avec ces problèmes de courant, le rendement a diminué, c’est devenu très faible, parce qu'on n'arrive pas à satisfaire les clients », déplore-t-il.
Près du marché Cocovico, Marie profite d’un moment d’accalmie pendant ses heures de travail, car à la maison, dit-elle, les délestages épuisent toute la famille. « On galère vraiment parce qu’on coupe le courant de 7h à 22h. Moi, ma famille se plaint tout le temps parce que, eux, ils ne supportent vraiment pas la chaleur. Je n’utilise pas la climatisation et le réfrigérateur, tout ce qu'il y a à l'intérieur se décongèle », soupire-t-elle.
Un plan d’urgence de 700 milliards de FCFA
Selon Côte d’Ivoire Énergie, 22 communes sont affectées. « Ces délestages ne sont pas liés à un problème de production d’électricité. <…> Le véritable enjeu se situe au niveau du réseau de distribution », assure Noumory Sidibé, le directeur général de la société nationale d’électricité, sur la Nouvelle Chaîne Ivoirienne. Ce responsable indexe notamment des câbles vétustes. En parallèle, la demande a augmenté de 14 %, en février. Un plan d’urgence de 700 milliards de FCFA – 1,07 milliard d’euros – doit démarrer ces jours-ci.
Rfi