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Dimanche, 07 juin

DROIT DE RÉPONSE DES CHEFS DE TRIBUS, DE VILLAGES ET DE CANTONS DE DIABO ET LANGUIBONOU

Publié le 06 juin 2026 à 20:27
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les Chefs de Village et de Canton de Diabo et de Languibonou
les Chefs de Village et de Canton de Diabo et de Languibonou

Suite au communiqué du Ministre Jacques Assahoré KONAN, Ministre des eaux et forêts, Député de Diabo et Languibonou, Président du Conseil Régional de Gbêkê en date du jeudi 04 juin 2026 relatif à la motion de protestation des chefs de Cantons, de Tribus et de villages de Diabo-Languibonou, Nous, Chefs de Village, Chefs de Tribus et Chefs de Cantons de Diabo et de Languibonou, avons pris connaissance du communiqué de Monsieur Jacques Assahoré Konan, Ministre des Eaux et Forêts, Député de Diabo-Languibonou, Président du Conseil Régional du Gbêkê. Par respect pour la vérité et pour nos us et coutumes, nous apportons les précisions suivantes :

1. Sur la forme de notre démarche

Nous n’avons adressé aucune injure ni manqué de respect à qui que ce soit. Notre déclaration est une dénonciation d’actes posés, appuyée sur des faits précis et sur l’article 8 de la loi organique n°2020-942 du 25 novembre 2020. La loi reconnaît à chaque canton la souveraineté dans la désignation de ses Chefs. Alerter la Chambre Nationale et l’opinion quand ces règles sont violées relève de notre responsabilité coutumière, non d’un manque de respect encore moins d’un manque de sagesse.

2. Sur la légalité et la légitimité

La nomination par décret présidentiel confère une responsabilité, mais elle ne donne pas le droit de violer les us et coutumes ni de s’immiscer dans les affaires internes d’autres cantons. Le représentant régional de la Chambre doit être le garant du respect des textes et des traditions, pour tous les cantons du Gbêkê, sans exception et dénoncer ses agissements est tout à fait légal et légitime.

3. Sur le canal utilisé

Nous avons d’abord privilégié le dialogue. Une délégation des cantons de Diabo et de Languibonou a rencontré les parents de Nanan N’Goran Koffi II dans son village pour l’interpeller sur les conséquences de ses actes. Faute d’écoute et devant la persistance des ingérences, nous avons saisi par écrit la Chambre Nationale pour le dénoncer. Les réseaux sociaux ne sont que l’écho de notre désespoir face à l’inaction. Nos ancêtres disaient : «Quand la maison brûle, on crie pour alerter le village».

4. Sur l’unité du Gbêkê

Nous partageons l’appel à l’unité et à la paix lancé par le Ministre. Mais l’unité se construit sur le respect des règles, la justice et la vérité. On ne préserve pas la cohésion en étouffant les voix de ceux qui subissent l’injustice. On la préserve en ramenant chacun au respect de la loi et de la coutume. Et justement ceux qui subissent l’injustice n’ont pas perdu la raison afin de leur demander de revenir à la raison en privilégiant les voies de concertation de dialogue et de sagesse.

CONCLUSION

Nous réaffirmons notre attachement à la République, à nos institutions et à la paix. Nous demandons au Ministre, fils Gblo comme nous, de se faire l’avocat du dialogue et du respect de l’article 8, plutôt que de défendre des agissements qui divisent.
Nous restons ouverts à toute concertation, sous l’égide des autorités administratives et de la Chambre Nationale, pour régler ce différend selon les voies de la sagesse qui ont toujours caractérisé le peuple Gblo.

Fait à Diabo, le samedi 06 juin 2026

Pour les Chefs de Village et de Canton de Diabo et de Languibonou