Depuis plusieurs semaines, le projet d’installation du centre commercial SOCOCÉ à Bondoukou suscite débats, inquiétudes et prises de position diverses. Comme souvent lorsqu’un grand projet voit le jour dans une ville en pleine mutation, les avis divergent. Mais au-delà des émotions et des résistances habituelles au changement, une question fondamentale mérite d’être posée : Bondoukou peut-elle continuer à tourner le dos au développement moderne ?
Car, en réalité, le débat autour de SOCOCÉ dépasse largement la simple construction d’un centre commercial. Il révèle surtout une opposition entre deux visions de la ville : celle d’une cité tournée vers l’avenir et celle d’une ville enfermée dans une logique de stagnation.
Une peur du changement qui freine le progrès
Dans plusieurs villes africaines, l’arrivée d’infrastructures modernes a souvent été accueillie avec méfiance. Certains craignent la disparition des habitudes anciennes, d’autres redoutent une concurrence économique ou encore une transformation du paysage urbain. Pourtant, l’histoire montre que les villes qui progressent sont celles qui savent accueillir l’innovation, les investissements et les nouvelles opportunités.
Refuser un projet structurant simplement parce qu’il bouleverse certains repères serait une grave erreur. Une ville qui refuse les investissements finit toujours par perdre son attractivité, voir sa jeunesse partir ailleurs et son économie s’essouffler.
Bondoukou, ville historique et culturelle majeure de la Côte d’Ivoire, mérite mieux que l’immobilisme. Elle mérite d’entrer pleinement dans une dynamique de modernisation capable d’améliorer les conditions de vie de ses populations.
SOCOCÉ : bien plus qu’un simple centre commercial
L’installation de SOCOCÉ représente une opportunité importante pour Bondoukou. Un centre commercial moderne n’est pas seulement un lieu de vente ; c’est un véritable moteur économique.
D’abord, un tel projet génère des emplois directs et indirects : agents de sécurité, caissiers, techniciens, commerçants, transporteurs, fournisseurs locaux, restaurateurs et bien d’autres activités connexes. Dans un contexte où l’emploi des jeunes demeure une préoccupation majeure, il serait difficile de minimiser l’impact positif d’un tel investissement.
Ensuite, SOCOCÉ contribuerait à moderniser l’image de la ville. Aujourd’hui, les populations aspirent à des espaces modernes, accessibles et organisés. Les habitants de Bondoukou ne devraient pas être obligés de parcourir de longues distances pour bénéficier de services commerciaux de qualité présents dans d’autres grandes villes.
Par ailleurs, l’arrivée d’un centre commercial peut dynamiser l’économie locale en attirant d’autres investisseurs. Les infrastructures modernes rassurent les opérateurs économiques et renforcent l’attractivité d’une ville. Là où les investissements s’installent, les routes s’améliorent, les services se développent et les opportunités se multiplient.
Sortir de la mentalité de stagnation
Le véritable danger pour Bondoukou n’est pas l’arrivée de SOCOCÉ. Le vrai danger serait de rester figé dans une mentalité de peur et de refus systématique du changement.
Aucune ville ne peut se développer sans projets ambitieux. Le développement exige parfois des transformations, des ajustements et une vision à long terme. Les grandes villes qui attirent aujourd’hui admiration et investissements ont toutes connu des périodes de débats et de résistances avant leur modernisation.
Bondoukou ne peut rester en marge pendant que d’autres localités avancent. La jeunesse de la ville aspire à des opportunités économiques, à des infrastructures modernes et à une meilleure qualité de vie. Refuser ces avancées reviendrait à condamner la ville à l’immobilisme. Le développement n’est pas une menace. Il est une nécessité.
Le maire dans son rôle de bâtisseur
Dans cette affaire, il faut reconnaître au maire le mérite d’avoir une vision pour sa commune. Un responsable politique ne doit pas seulement gérer le présent ; il doit aussi préparer l’avenir.
En soutenant le projet SOCOCÉ, le maire fait le choix du développement, de l’attractivité économique et du bien-être des populations. Cette volonté d’inscrire Bondoukou dans une dynamique moderne mérite d’être saluée plutôt que combattue systématiquement.
Bien entendu, tout projet doit être encadré avec transparence, dialogue et prise en compte des préoccupations des populations. Mais refuser en bloc une initiative porteuse de progrès ne servirait ni l’économie locale ni l’avenir de la ville.
Bondoukou a aujourd’hui l’occasion de franchir un cap important de son évolution. La vraie question n’est donc pas de savoir si SOCOCÉ doit venir ou non. La vraie question est : Bondoukou veut-elle avancer ou rester immobile face aux exigences du développement moderne ?
O.L