Dans l’honneur de la responsabilité républicaine qui est la mienne, et loin des passions éphémères qui agitent le marigot politique, il est de mon devoir d'homme d'État d'attirer l'attention de la Nation sur les verrous juridiques qui garantissent la solidité, la crédibilité et la paix de nos institutions. Une Nation forte ne se bâtit pas seulement sur des infrastructures physiques ; elle repose avant tout sur la rigueur absolue et l'application stricte de ses lois fondamentales.
C'est au nom de cette sécurité collective que je souhaite poser publiquement, sans la moindre posture partisane mais avec une gravité républicaine, une question de pur droit constitutionnel qui touche au sommet même de notre exécutif.
L'Histoire récente de la Côte d'Ivoire nous a enseigné, au prix du sang, une leçon douloureuse : dans notre pays, les approximations administratives, les flous juridiques et les « interprétations mystérieuses » des textes ne sont jamais de simples spéculations de juristes. Ils portent en eux des conséquences dramatiques et des bilans macabres.
Faut-il rappeler que la guerre civile de 2011, avec ses milliers de morts et ses familles à jamais déchirées, est née d'une guerre d’interprétations conflictuelles des lois et des résolutions ?
Faut-il rappeler que les crises électorales successives autour des concepts de troisième et de quatrième mandats, qui ont encore endeuillé la Nation, ont toutes trouvé leur source dans le refus de respecter la clarté des textes ?
Chaque fois que la République s'est accommodée du flou au sommet de l'État, le peuple a payé le prix fort.
C’est pour prémunir notre patrie contre de nouveaux sauts dans l'inconnu que nous devons regarder avec rigueur le statut actuel des institutions.
Selon l'esprit et la lettre de notre Constitution, le mandat du Vice-Président de la République — choisi par le Chef de l'État en accord avec le Parlement — est organiquement et intrinsèquement lié au mandat présidentiel en cours. L'expiration et le renouvellement du mandat du Président de la République exigent, au sens strict du droit public, un nouvel acte formel de choix, une nouvelle validation parlementaire et une nouvelle prestation de serment pour le Vice-Président afin de fonder la pleine légalité de son action et de ses signatures de décrets.Or, que je sache ( je peux me tromper), au lendemain de la dernière installation présidentielle, aucun acte formel de reconduction ou de nouvelle nomination du Vice-Président de la République n'a été officiellement notifié ou publié au Journal Officiel.
Devant ce silence administratif, le citoyen est en droit de poser deux questions de salut public :
1. Quelle est la base légale stricte qui fonde l'exercice actuel des fonctions et des signatures du Vice-Président au regard des exigences formelles de la Constitution de la IIIe République ?
2. Pour la parfaite sécurité juridique de notre pays, le Conseil constitutionnel ne gagnerait-il pas à clarifier cette situation, afin de sanctuariser les actes posés au nom de la République et de les mettre définitivement à l'abri de toute fragilité ou de contestation future ?
Poser ces questions n'est pas faire de la contestation politique ; c'est accomplir un acte de salubrité publique pour que notre Haute Administration sorte des approximations coutumières et s'élève au niveau de rigueur qu'exige une grande Nation moderne.
C’est précisément pour éteindre ces zones d'ombre institutionnelles qui ont tant coûté à la Côte d'Ivoire que nous proposons une refondation totale de notre architecture constitutionnelle, en instaurant des verrous automatiques, transparentes et inviolables.
La République est une affaire de règles, de Substance et de vérité textuelle.
Juste une interpellation citoyenne !
Konan Kouadio Siméon (KKS)
Président d'Initiatives Pour La Paix (IPP)
Ancien Candidat à l'Élection Présidentielle