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Vendredi, 18 septembre

BONDOUKOU : LE LYCÉE JEUNE FILLE À L'ARRÊT, LE CRI DE CŒUR D'UNE POPULATION ABANDONNÉE

Publié le 17 septembre 2026 à 10:02
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Le chantier du lycée des jeunes filles de Bondoukou en souffrance
Le chantier du lycée des jeunes filles de Bondoukou en souffrance

L'établissement qui devait accueillir ses premières pensionnaires à la rentrée 2025-2026 n'est plus qu'un chantier fantôme. Une situation qui interroge et indigne.
C'est une image qui fait mal. Au cœur du Zanzan, sur le site qui devait incarner l'avenir et l'excellence au féminin, le silence a remplacé le bruit des engins. Le chantier du Lycée Jeune Fille d'excellence avec internat de Bondoukou est à l'arrêt. Complet. Depuis des mois, plus un ouvrier, plus une bétonnière. Juste des murs inachevés, du fer à béton rouillé par les pluies, et l'espoir d'une jeunesse qui s'effrite.
Alors qu'à Abidjan, Adzopé, Aboisso, Boundiali, Daloa, Dimbokro et San-Pedro, sept lycées sur les neuf prévus par le projet affichent un taux d'avancement de 35% et s'apprêtent à être livrés pour octobre 2025 selon la Ministre de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation, Pr Mariatou Koné, Bondoukou, elle, regarde son rêve s'éloigner.

Un projet national à 80 milliards, un financement qui lâche

Ce n'est pas un petit projet communal. C'est le Projet de Construction et d'Équipement de neuf Lycées de Jeunes Filles avec Internat (PCELFI-9), un programme d'État d'un coût global de 80 milliards FCFA, financé à 69% par la Banque Islamique de Développement, le Fonds Koweïtien et le Fonds de l'OPEP pour le Développement International (OFID).
Et c'est là que le bât blesse. La Ministre elle-même l'a déploré : face aux retards de certaines entreprises, le Fonds OFID, partenaire financier, s'est retiré du projet, entraînant l'arrêt pur et simple des travaux pour l'établissement qui bénéficiait de son appui. Cet établissement, c'est Bondoukou.
Autrement dit, le lycée de Bondoukou est victime collatérale d'un montage financier défaillant. Mais qui prend le relais? Qui assume la responsabilité de la continuité de l'État?
Nous interpellons directement les ministères en charge : le Ministère de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation et le Ministère des Infrastructures, de l'Équipement et de l'Entretien Routier. Si l'on ne prend garde, cet édifice ne verra jamais le jour.

L'impact : bien plus qu'un bâtiment, c'est l'avenir des filles qui s'écroule

À Bondoukou, ne pas construire ce lycée, ce n'est pas qu'un retard administratif. C'est une catastrophe sociale aux conséquences multiples. Dans une région où le taux de scolarisation et d'achèvement scolaire des filles au secondaire reste fragile, ce lycée d'excellence devait être le symbole fort de l'égalité des chances, un sanctuaire pour protéger et promouvoir l'élite féminine.
Sans lui, que reste-t-il à nos jeunes filles brillantes mais démunies?
Le phénomène des "bonnes". Combien de jeunes filles, faute de structure d'accueil et d'internat sécurisé, sont envoyées à Abidjan ou dans les grandes villes comme servantes chez des tuteurs, abandonnant l'école pour le ménage et la précarité? Le lycée devait justement les arracher à ce destin.
Le fléau des grossesses en milieu scolaire. Sans encadrement, sans internat qui protège, nos filles sont exposées. Chaque année, le Gontougo paie un lourd tribut. Ce lycée avec internat était pensé comme une barrière contre la déscolarisation précoce, un lieu où l'excellence scolaire rime avec sécurité.
En laissant ce chantier mourir, on condamne une génération entière à l'exode scolaire, à la sous-qualification et à la vulnérabilité.
Bondoukou demande des comptes : Le débat est lancé Alors, les questions fusent, légitimes, douloureuses, et résonnent dans chaque foyer de Bondoukou : " Qu'est-ce que Bondoukou a fait à l'État de Côte d'Ivoire?
Qu'est-ce que Bondoukou a fait à ses autorités politiques, administratives, religieuses et coutumières pour mériter ce silence?Qu'est-ce que Bondoukou a fait à ses propres fils et filles aux postes de décision?
Qu'est-ce que Bondoukou a fait à sa jeunesse pour qu'on lui refuse l'excellence? Qu'est-ce que Bondoukou a bien pu faire pour être laissé pour compte quand les projets d'envergure sont lancés? Pourquoi les projets qui connaissent un commencement d'exécution ont-ils tant de mal à être terminés à Bondoukou? Pourquoi les travaux, une fois entamés, ne sont-ils pas suivis? " Ici, c'est le Lycée Jeune Fille de Bondoukou qui était censé recevoir les élèves depuis l'année scolaire 2025-2026. Aujourd'hui, le portail est fermé. Et l'espoir aussi.
Nous appelons à une mobilisation citoyenne. Que le Ministère de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation et le Ministère des Infrastructures entendent le cri de Bondoukou. On ne sait jamais.

Hosanna JP de Chantal