De Pékin à Shanghai, le ministre des Transports et des Affaires Maritimes a négocié les contours d'une Phase 2 ultra-ambitieuse du projet de Systèmes de Transport Intelligents. Objectif : faire de la Côte d'Ivoire le hub africain de la mobilité connectée.
Ils sont rentrés avec des maquettes 3D plein les valises et un plan très clair en tête. Du 14 au 22 septembre 2026, la délégation ivoirienne conduite par le ministre des Transports et des Affaires Maritimes, Amadou Koné, a effectué une percée stratégique en Chine, entre Pékin et Shanghai.
Officiellement invitée à la 11e édition du Huawei Connect, vitrine mondiale du géant technologique, la mission avait en réalité un agenda bien plus lourd : capter la technologie qui fera rouler, naviguer et respirer la Côte d'Ivoire de 2030.
Pékin : Le virage vert du transport lagunaire est financé
Premier arrêt, Pékin, les 14 et 15 septembre. Sur invitation de la Banque Asiatique d'Investissement dans les Infrastructures (AIIB), la délégation participe à la Semaine des Connaissances sur les Transports 2026, sur le thème "Les ports de demain : verts, intelligents et connectés". L'enjeu n'est pas théorique. C'est à Pékin que se confirme l'octroi d'un don crucial de 4,8 millions de dollars US à la Côte d'Ivoire. Une enveloppe destinée à financer les études de faisabilité et la structuration en PPP du futur transport lagunaire par barges. Au menu des échanges : connectivité portuaire, logistique de l'hinterland, transition verte maritime et résilience climatique. En coulisses, Abidjan annonce déjà la couleur avec la création imminente d'un comité d'attribution des autorisations et d'une Unité de Coordination de Projet (UCP) dédiée. Le signal est clair : le transport lagunaire ne sera plus un projet, mais un chantier piloté.
Phase 1 : Les chiffres qui ont convaincu Huawei
Pourquoi la Chine mise-t-elle sur Abidjan ? Parce que le bilan de la Phase 1 des Systèmes de Transport Intelligents (STI), déployée entre 2024 et 2025 avec Huawei, est sans appel.
Présent depuis 20 ans en Côte d'Ivoire et fort de 1 222 systèmes déployés dans le monde, le groupe chinois qualifie lui-même le projet ivoirien de "l'un des plus novateurs de ce type en Afrique". Les résultats parlent :
• Infractions routières : de 13 % à 4,8 % • Accidents de la route : -24 % • Temps d'intervention des secours : de 60 minutes à 15 minutes . Une révolution silencieuse sur nos routes. Mais le ministre Amadou Koné le sait : avec seulement 16,8 % des autoroutes couvertes, le plus dur reste à faire.
Shanghai : Dans le cerveau de la ville intelligente
Cap sur Shanghai pour le clou de la mission : Huawei Connect 2026. Ici, la délégation ivoirienne n'est plus en simple visite. Elle est en immersion totale. Centre d'exposition d'avant-garde de Huawei, zones démonstratives "Smart Transportation" et "Digital and Intelligent Roads", maquettes interactives de ports et d'aéroports entièrement autonomes. Les ingénieurs chinois déroulent le futur devant les yeux des Ivoiriens : cybersécurité des données de transport, maintenance prédictive par IA, communications critiques pour les secours, gestion des villes intelligentes. C'est dans ces laboratoires que se dessine la Phase 2, et elle change d'échelle.
Les 5 piliers de la Phase 2
Faire passer la couverture STI de 16,8 % à 40 % du réseau autoroutier . Déployer un système national de surveillance des véhicules et des conducteurs . Réduire de 25 % supplémentaires le nombre d'accidents . Créer le premier Centre National d'Opération des Transports, véritable tour de contrôle du pays . Lancer une plateforme sécurisée pour la traçabilité des véhicules commerciaux
Après le Japon et les États-Unis, la Côte d'Ivoire a choisi la Chine pour franchir ce palier. Une stratégie assumée : aller chercher les meilleures technologies où elles se trouvent pour bâtir un modèle ivoirien, multimodal et souverain.
De retour à Abidjan, un mot d'ordre résume l'esprit de cette mission : la technologie au service de la vie. Et un hashtag, martelé par le Ministère : #Stopàlincivismesurlaroute
Hosanna JP de Chantal.
( SOURCE : MINISTÈRE DES TRANSPORTS ET DES AFFAIRES MARITIMES )