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Samedi, 10 octobre

BOHI - APPIMADOUM / OBSÈQUES DU COLONEL-MAJOR FOFIE KOUAKOU MARTIN : Le Zanzan pleure son fils, inhumation ce samedi

Publié le 09 octobre 2026 à 07:46
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Colonel-Major Fofié Kouakou Martin., un homme, un destin.
Colonel-Major Fofié Kouakou Martin., un homme, un destin.

Bohi, village de la sous-préfecture d'Appimadoum (Département de Bondoukou) s'apprête, en ce vendredi 9 octobre 2026, à accueillir la dépouille du Colonel-Major Fofié Kouakou Martin. Décédé le dimanche 9 août 2026 à Daloa à l'âge de 58 ans, des suites d'une longue maladie, l'officier supérieur sera inhumé demain samedi 10 octobre 2026 sur sa terre natale. C'est tout un district qui pleure.

Dernier hommage sur la terre des ancêtres

L'émotion est vive à Bohi. Depuis ce matin, les populations affluent d'Appimadoum, de Bondoukou et des villages environnants pour prendre part à la veillée traditionnelle. Selon le programme officiel communiqué par la famille et l'État-Major Général des Armées, la dépouille qui a quitté Abidjan , arrive ce vendredi à Bohi pour une veillée militaire et coutumière. L'inhumation est prévue samedi 10 octobre à 10h au cimetière familial, après les honneurs militaires.
Deux mois après l'annonce de sa disparition par l'État-Major Général des Armées, le temps du recueillement est venu pour le fils du Gontougo.

Qui était le Colonel-Major Fofié Kouakou Martin? Rappel biographique

Né en 1968 à Bondoukou, et plus précisément originaire de Bohi, Martin Fofié Kouakou s'engage dans les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire à la fin des années 1980. Il se fait remarquer au début des années 1990 alors qu'il est caporal, avant de participer au coup d'État de décembre 1999 qui renverse le Président Henri Konan Bédié.
Son parcours bascule en septembre 2002. Lors de la crise politico-militaire, il rejoint la rébellion du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) devenu Forces Nouvelles. Il y gravit rapidement les échelons et prend le commandement de la Zone 10, basée à Korhogo, qu'il dirigera pendant près d'une décennie aux côtés de figures comme Wattao, Chérif Ousmane et Zakaria Koné.
Après la crise de 2010-2011, il est intégré aux Forces Républicaines de Côte d'Ivoire. Installé comme chef de bataillon de la Compagnie territoriale de Korhogo en 2011, il poursuit son ascension jusqu'au grade de Colonel-Major en 2021. Il termine sa carrière comme commandant de la 2e Région militaire basée à Daloa, dans le centre-ouest.
C'est dans l'exercice de ce commandement qu'il est retrouvé sans vie à son domicile de Daloa le dimanche 9 août 2026 au matin. Il avait pourtant pris part, quelques jours plus tôt, au défilé du 7 août à Yopougon pour la fête de l'indépendance.
Surnommé "Fansara 110" par ses proches, du numéro 110 de sa cellule à la Maison d'arrêt militaire d'Abidjan (MAMA) après la tentative de coup d'État contre Laurent Gbagbo, comme l'a rappelé le journaliste André Silver Konan, l'homme aura traversé toutes les périodes tumultueuses de l'histoire récente de la Côte d'Ivoire.

Le bâtisseur de Bohi : un militaire au service du développement local

Si la Nation retient le soldat, Bohi et Appimadoum retiennent le développeur. Loin des armes, le Colonel-Major Fofié Kouakou Martin n'a jamais coupé le cordon avec sa région d'origine. Trois réalisations majeures restent attachées à son nom :
Le désenclavement : la route Bondoukou - Takoutou- Bohi Appimadoum . Pendant des décennies, cette piste était impraticable en saison des pluies. Grâce à son lobbying auprès des autorités et à son implication personnelle, l'axe a été reprofilé et aménagé, permettant aujourd'hui de relier Bondoukou à Bohi en moins d'une heure et de faciliter l'écoulement des produits agricoles, notamment l'anacarde.
L'éducation : une école primaire pour la sous-préfecture. Conscient que l'avenir passe par l'école, il a financé sur fonds propres la construction d'une école primaire de 3 classes dans un village de la sous-préfecture d'Appimadoum, équipée en tables-bancs et dotée d'un forage. Un acte qui a permis de scolariser plus d'une centaine d'enfants qui parcouraient auparavant plusieurs kilomètres.
Soutiens divers et actions sociales. Chaque année, l'officier organisait des dons de vivres, de kits scolaires et de prises en charge médicale pour les veuves et les personnes du troisième âge . Il intervenait également pour l'insertion socioprofessionnelle des jeunes du district du Zanzan dans l'armée et l'administration. "Il ne venait pas les mains vides. Il ne parlait pas de politique, il parlait de route, d'école et d'eau pour nos parents", témoigne un notable de Bohi .
En ce 9 octobre 2026, Bohi pleure donc bien plus qu'un officier supérieur. C'est son fils, son bienfaiteur, qui revient pour son dernier repos. Le Zanzan perd un soldat, mais Appimadoum perd un pilier de son développement.

Hosanna JP de Chantal