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Mardi, 20 octobre

NÉCROLOGIE | Le Patriarche s'en est allé ECC EN DEUIL : Ediemou Blin Jacob, la lumière de Vridi s'éteint

Publié le 19 octobre 2026 à 11:11
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Le Révérend Pasteur Ediemou Blin Jacob, Chef du Diocèse de Côte d'Ivoire de l'Église du Christianisme Céleste et Président du Forum National des Confessions Religieuses, a tiré sa révérence.
Le Révérend Pasteur Ediemou Blin Jacob, Chef du Diocèse de Côte d'Ivoire de l'Église du Christianisme Céleste et Président du Forum National des Confessions Religieuses, a tiré sa révérence.

Abidjan - C'est une page monumentale de l'histoire religieuse ivoirienne qui vient de se tourner. Le Révérend Pasteur Ediemou Blin Jacob, Chef du Diocèse de Côte d'Ivoire de l'Église du Christianisme Céleste et Président du Forum National des Confessions Religieuses, a tiré sa révérence. L'homme qui incarnait à lui seul plus d'un demi-siècle de foi céleste s'est éteint des suites d'une santé déclinante ces dernières semaines, comme l'avait laissé entrevoir la visite d'une forte délégation du Forum à son domicile le 13 octobre dernier pour prier pour son rétablissement.

De fonctionnaire des PTT à Apôtre du Céleste

L'histoire d'Ediemou Blin Jacob est celle d'une conversion totale. Avant d'être le patriarche en soutane blanche, il était un cadre de la République, Contrôleur des Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT), puis Attaché de cabinet de l'ex-ministre Séri Gnoléba. Une carrière qu'il choisit de quitter en 1978 pour se consacrer entièrement à Dieu.
Tout avait commencé deux ans plus tôt. En 1976, au Bénin, il rencontre pour la première fois le Prophète Fondateur de l'ECC, Samuel Biléou Joseph Oschoffa, qui lui donne l'onction. Il confiait lui-même : « En 1976, le prophète Oschoffa m'a dit que Dieu a besoin d'une église en Côte d'Ivoire. Avant moi, les trois premiers Ivoiriens mandatés pour cette mission ont perdu la vie ».
De cette mission divine naîtra la première paroisse ivoirienne, la paroisse-mère Saint Raphaël de Vridi à Port-Bouët Petit-Bassam, dont il fut le tout premier chargé. Il en fera le socle de l'expansion du Christianisme Céleste en Côte d'Ivoire.

Un bâtisseur et un homme de pouvoir spirituel

Pendant 50 ans de sacerdoce - dont le cinquantenaire a été célébré en grande pompe il y a quelques jours à peine - Ediemou Blin Jacob n'a jamais cessé de revendiquer sa légitimité historique. « C'est le prophète Oshoffa qui m'a établi. Je suis le seul chef de Diocèse établi par le prophète Oshoffa avant sa mort », martelait-il face aux crises de succession qui ont secoué l'Église ces dernières années.
Cette légitimité l'a propulsé au sommet de la hiérarchie mondiale : 2ème Vice-président du Comité Supérieur Mondial de l'ECC, Pasteur National investi avec tous les attributs le 5 juillet 2014, il était devenu une autorité morale incontournable.
Au-delà du temple, il a su tisser le dialogue interreligieux. En tant que Président du Forum National des Confessions Religieuses, il réunissait autour d'une même table imams, prêtres, pasteurs évangéliques et dignitaires des Églises révélées pour prier pour la Nation. Un franc-parler qui ne l'empêchait pas d'interpeller les politiques, rappelant que « tout le monde est en train d'oublier Dieu ».

Ce qu'il laisse

Le Révérend Pasteur Ediemou Blin Jacob laisse derrière lui bien plus qu'une Église structurée. Il laisse :
Une institution : Plus de 40 ans après la création de la première paroisse, l'ECC compte aujourd'hui des centaines de paroisses sur tout le territoire ivoirien, toutes issues de la graine plantée à Vridi.
Une doctrine de résilience : Lui qui avouait avoir « pratiqué un tant soit peu la sorcellerie » avant sa conversion, a fait de son témoignage une arme d'évangélisation pour des milliers de fidèles.
Un modèle de pont : Celui d'un homme qui a su passer de l'administration publique à l'autel, prouvant que servir l'État et servir Dieu peuvent procéder du même dévouement.
Pour la communauté céleste mondiale, pour la Côte d'Ivoire interreligieuse et pour Port-Bouët qui perd son patriarche, le vide sera immense. La soutane est tombée, mais la lumière allumée à Vridi en 1976 ne s'éteindra pas.

Hosanna JP de Chantal