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Jeudi, 22 octobre

LA MORT DE DIEU SUR LA CROIX : POURQUOI LE MONDE ENTIER S'EST TROMPÉ, SAUF L'AFRICAIN

Publié le 22 octobre 2026 à 07:16
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Pasteur Mike Makengo
Pasteur Mike Makengo

Il y a des phrases qui ne devraient jamais sortir de la bouche d'un homme. Des phrases qui devraient brûler les lèvres avant même d'être prononcées.

« Dieu est mort. »

Et pourtant, c'est le socle même de notre foi. C'est sur cette absurdité que nous avons bâti nos cathédrales, nos vies, notre espérance. Si cette phrase est fausse, nous sommes des fous. Si elle est vraie, alors le cosmos vient de basculer.
Le Grec l'entend et dit : Folie. Car Dieu est l'Impassible. Celui que rien ne touche. Comment l'Intouchable pourrait-il être touché par des clous ? Le Juif l'entend et dit : Scandale. Car Dieu est le Séparé, le Kadosh. Comment le Trois Fois Saint pourrait-il finir suspendu, maudit, entre ciel et terre, comme un criminel ? L'Oriental l'entend et dit : Illusion. Ce n'est qu'un voile qui se déchire dans le grand théâtre du monde.
Ils ont raison. Tous. Parce qu'ils se trompent tous sur un seul mot. Un tout petit mot de quatre lettres.

MORT. QU'EST-CE QUE MOURIR ?

L'Occident croit que mourir, c'est s'éteindre. Comme on souffle une bougie. Il n'y a plus de flamme. Il n'y a plus rien. Néant. L'Orient croit que mourir, c'est se dissoudre. Comme une goutte qui retourne à l'océan. Il n'y a plus de forme. Illusion. Mais l'Écriture et l'Ancien Africain savent. Oh, ils savent depuis toujours.
Mourir n'a jamais été cesser d'être. Mourir a toujours été cesser d'être ICI. Ce qui meurt, ce n'est pas la sève. C'est l'écorce. Ce qui meurt, ce n'est pas le parfum. C'est le flacon. Ce qui meurt, ce n'est pas le Roi. C'est la tente où le Roi avait élu domicile pour une nuit.
L'homme qui meurt ne s'éteint pas. Il déménage. Il quitte le village des corps pour siéger dans le village des esprits. Il change de peau, pas d'existence.
Et si cela est vrai pour le ver de terre qu'est l'homme, pourquoi cela deviendrait-il faux pour Dieu, le jour où Il a daigné porter notre peau ?

LE JOUR OÙ DIEU A PRIS CHAIR, CE JOUR-LÀ, IL A RENDU SA MORT INÉVITABLE

Le jour où l'Infini a accepté de se faire fœtus. De s'enrôler dans l'obscurité humide d'un ventre de vierge. Le jour où l'Omniprésent a accepté d'avoir une adresse. Un village imprononçable : Nazareth. Le jour où l'Éternel a accepté d'avoir un acte de naissance, une généalogie, un accent juif, des callosités de charpentier.
Ce jour-là, mes amis, Dieu a signé son propre avis de décès. Car toute incarnation appelle une excarnation. Toute entrée dans une tente exige une sortie de cette tente. C'est la loi.
Alors ne me demandez plus SI Dieu est mort. Demandez-moi DE QUOI il est mort.

IL EST MORT DE SA JUDÉITÉ

Sur ce bois infâme, ce n'est pas la Déité qui rend l'âme. C'est son humanité juive, locale, datée, qui expire. Le Rabbi de 33 ans, qui parle araméen, qui mange casher, meurt. Il meurt à sa propre tribu pour que puisse naître un Homme nouveau qui n'est plus ni Juif, ni Grec, ni Congolais, ni Blanc. Un Homme qui est tous les hommes.

IL EST MORT DE SA GÉOGRAPHIE

Pendant trente-trois ans, il a été prisonnier de l'espace. S'il était à Capharnaüm, il n'était pas à Jérusalem. Pour guérir une femme, il devait la toucher. Il était limité par la poussière de ses propres sandales.
À Golgotha, il meurt à cette prison. Il brise les murs de Nazareth. Le Dieu qui était confiné dans un corps devient le Dieu qui peut maintenant entrer simultanément dans ta chambre à Kinshasa, dans un bureau à Paris, dans une prison à Washington. Sa mort géographique est le prix sanglant de son omniprésence retrouvée.

IL EST MORT DE SES LIMITES FAMILIALES

Il meurt en tant que fils de Marie. Il meurt en tant que sujet de Rome. Il meurt à la tradition des anciens. Pour ressusciter comme Aîné d'une famille nouvelle, une famille qui n'est plus liée par le sang qui coule dans les veines, mais par le Sang qui a coulé de la croix.

ET ICI, L'AFRIQUE SE LÈVE ET CORRIGE LE MONDE ENTIER

L'Occident dit : "Ils sont morts." Néant.
L'Orient dit : "Ils se sont dissous." Illusion.
L'Afrique dit : "Ils ne sont plus ici."
Chez nous, un mort n'est pas un absent. C'est un invisible présent. Il a quitté la cour des visibles pour présider dans la cour des invisibles. Regardez le mystère d'un enfant qui naît.
Du point de vue de l'utérus, c'est un deuil. Une hémorragie. Un placenta qu'on jette comme un cadavre. Un cordon qu'on tranche comme on coupe la corde d'un pendu. Pour l'utérus, cet enfant est mort. Effacé.
Mais du point de vue de l'enfant, il n'est pas mort. Il VIENT DE NAÎTRE. Il a simplement changé de respiration. Hier il respirait par le sang de sa mère, aujourd'hui il respire par ses propres poumons. Hier il vivait dans l'eau, aujourd'hui il conquiert l'air.

COMPRENEZ DONC : LA MORT N'EST JAMAIS LA FIN DE LA VIE. ELLE EST UN CHANGEMENT DE SYSTÈME RESPIRATOIRE

C'est exactement ce qui s'est passé ce vendredi-là, à 15 heures, à Golgotha. Du point de vue de la terre, de Marie qui hurle, de Jean qui pleure, des Romains qui constatent le décès : Dieu est mort. On l'embaume. On le scelle dans une grotte. Du point de vue du Ciel, Dieu est en train de naître. Il est en train de changer de poumons. Il ne respire plus avec les poumons étroits d'un Juif de 33 ans. Il respire désormais par le Souffle infini, violent, inarrêtable du Saint-Esprit, qui trois jours plus tard, va s'abattre comme un ouragan sur 120 personnes terrées dans une chambre haute.
Sa mort n'a pas été une fin. Sa mort a été un accouchement. Un accouchement cosmique où la terre a été l'utérus et la croix, le cordon ombilical.

ALORS, DIEU EST-IL MORT ?

Oui, je vous le dis. Mille fois oui. Il est mort à ce qui le rendait petit, pour devenir ce qui nous rend immenses. Il est mort à ce qui le rendait local, pour devenir Universel.
Il est mort en tant qu'un homme parmi les hommes, pour devenir l'Homme à l'intérieur de tous les hommes.
Et c'est pour cela que ce mystère ne sera jamais compris par les philosophes du monde. Il ne sera compris que par les Africains. Par ceux qui savent, depuis le commencement, qu'on ne devient Ancêtre qu'en acceptant de mourir.
Car chez nous, on le sait : Il faut mourir à un village pour pouvoir régner sur tous les villages. Il est mort au village de la chair, pour régner à jamais dans le village de l'Esprit.
Et ce Roi, qui est mort de cette mort-là, est vivant. Plus vivant que vous et moi.

Pasteur Mike Makengo