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Vendredi, 06 novembre

Kouassia-Niaguini : 5 tonnes de tomates bradées, les producteurs lancent un SOS

Publié le 06 novembre 2026 à 12:41
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Le cri de cœur du  jeune sénateur Renaud Kossonou résonne comme une alarme pour toute la filière agricole ivoirienne.
Le cri de cœur du jeune sénateur Renaud Kossonou résonne comme une alarme pour toute la filière agricole ivoirienne.

KOUASSIA-NIAGUINI (Transua, Gontougo) — Ils ont semé, ils ont arrosé, ils ont veillé pendant des mois. Aujourd'hui, à Kouassia-Niaguini, les producteurs de tomates regardent leur récolte pourrir, faute d'acheteurs. Le cri de cœur lancé ce vendredi 6 novembre 2026 par le jeune sénateur Renaud Kossonou résonne comme une alarme pour toute la filière agricole ivoirienne.

Des mois d'efforts, une récolte réussie... puis le vide

À Kouassia-Niaguini, dans le département de Transua, ce ne sont pas des cultivateurs de circonstance qui se sont lancés dans la tomate. Ce sont des familles entières, et surtout des jeunes, qui ont décidé de croire au retour à la terre.
Ils ont investi leurs économies, parfois leurs derniers moyens. Ils ont défriché, planté, entretenu les parcelles sous le soleil du Gontougo, lutté contre les ravageurs, acheté intrants et semences au prix fort. Pendant plusieurs mois, ils ont mis toute leur énergie dans cette campagne. Et la terre a répondu. La récolte est bonne. Abondante. De qualité.
Mais depuis, c'est le silence des marchés.
Les acheteurs se font rares. Les camions ne viennent plus. Et quand un commerçant se présente, c'est pour proposer un prix qui ne couvre même pas le coût de production.

De 700 FCFA à 75 FCFA : l'effondrement

Le chiffre dit tout de la détresse actuelle. Il y a encore peu, le kilogramme de tomates se vendait à 700 FCFA à Kouassia-Niaguini. Aujourd'hui, il est proposé entre 125 FCFA et 75 FCFA. Soit une chute de plus de 80 %. À ce prix, chaque caisse vendue est une perte. Chaque jour qui passe est une tomate de plus qui se gâte au champ ou au bord de la piste.
« Nos producteurs recherchent simplement des partenaires sérieux et des prix raisonnables pour valoriser leur travail », plaide Renaud Kossonou, fils de la localité.
Il se dit personnellement en mesure de mobiliser environ 5 tonnes de tomates pour tout acheteur intéressé. Cinq tonnes de travail, de sueur et d'espoir qui n'attendent qu'un débouché.

La jeunesse ne demande pas la charité

Ce qui se joue à Kouassia-Niaguini dépasse la simple question d'une mévente saisonnière. C'est le visage d'un entrepreneuriat jeune et agricole que l'on dit vouloir promouvoir partout en Côte d'Ivoire.
Ces jeunes n'ont pas choisi l'exode, ni l'oisiveté, ni l'attente d'un emploi de bureau. Ils ont choisi la terre. Ils ont choisi de produire pour nourrir. Ils ont choisi d'entreprendre là où ils sont nés.
Mais entreprendre dans l'agriculture, aujourd'hui, c'est affronter seul une succession d'obstacles : accès difficile aux intrants, absence de chaîne de froid, manque de débouchés organisés, absence de contrat avec les transformateurs, et surtout, des pistes rurales qui rendent l'évacuation des produits vers Abidjan, Bondoukou, Bouaké et les autres grands marchés lente, coûteuse, parfois impossible. « Le développement agricole passe également par de meilleures infrastructures routières afin de faciliter l'acheminement de nos produits vers les grands marchés », rappelle l'appel.
Sans routes, pas de marché. Sans marché, pas de revenu. Sans revenu, pas de prochaine campagne.

Un secteur vital, une priorité nationale

L'agriculture n'est pas un secteur comme les autres. Elle est la base de la survie de l'humanité. C'est elle qui nourrit les villes, qui fait vivre les villages, qui stabilise les familles.
Si on décourage ceux qui produisent, c'est la faim qui s'installe dans les familles. C'est le découragement qui s'installe dans les villages. C'est toute une jeunesse qui finira par tourner le dos à la terre qu'on lui demande pourtant de valoriser.
C'est pourquoi, insiste l'appel, le soutien aux producteurs doit constituer une priorité pour les gouvernants, à tous les postes de responsabilité. Du conseil régional à la mairie, du ministère aux institutions d'appui agricole, personne ne peut rester indifférent.
On ne peut pas, d'un côté, promouvoir le retour à la terre, célébrer la jeunesse agricole dans les discours, et de l'autre, la laisser pour compte au moment de la récolte.
Un cas qui n'est pas isolé Kouassia-Niaguini n'est pas une exception. C'est un miroir.
De Transua à Bondoukou, de Bouaké à Korhogo, le même cri se fait entendre chaque campagne : bonne production, pas d'acheteurs, prix effondrés, pertes énormes. Partout, des jeunes producteurs voient leurs efforts anéantis par l'absence d'organisation de la commercialisation.
L'urgence s'impose donc. Pas demain. Maintenant, alors que les 5 tonnes sont encore là, encore fraîches, encore sauvables.

Un appel à la solidarité

L'appel lancé est clair et s'adresse à tous :
Aux opérateurs économiques, grossistes, commerçants et entreprises de transformation agroalimentaire : Tournez votre regard vers Kouassia-Niaguini !
Aux acheteurs d'Abidjan, Bondoukou, Bouaké et des autres villes : venez nouer des partenariats sérieux et durables avec ces producteurs. La jeunesse de Kouassia-Niaguini ne demande pas la charité. Elle demande que son travail soit valorisé.
Soutenir ces producteurs, c'est soutenir la production nationale. C'est encourager une jeunesse qui a fait le choix courageux de rester et de produire. C'est éviter que demain, les étals soient vides parce que ceux qui les remplissaient ont abandonné. Le temps presse. Les tomates sont là. Les producteurs attendent.

Hosanna JP de Chantal